Les aventures de RH Junior
Par laurent rodriguez le mercredi 5 mars 2008, - Les aventures de RH Junior - Lien permanent
Chers lecteurs,
Depuis quelques temps, j’échange avec une RH Junior par mail et via RecruteuretCandidats… A 27 ans, RH Junior est diplômée d’un Master 2 en Management des Ressources Humaines et a depuis peu décroché un poste de Chargée de Recherche dans la santé pour une grande enseigne du recrutement. Suite à l’obtention de ce premier job, RecruteuretCandidats souhaite vous faire participer à cette nouvelle aventure et vous faire découvrir le monde du recrutement à travers le regard d’une RH Junior. Une nouvelle catégorie fait donc son apparition sur RecruteuretCandidat : « Les aventures de RH Junior», que j’espère vous aurez plaisir à lire régulièrement.
Bienvenue aux aventures de notre RH Junior et à son premier billet !
1. Reflets de chasseurs
Chers lecteurs,
Avant d’entrer dans le vif du sujet je tiens d’abord à remercier Laurent pour m’avoir donné la chance de m’exprimer dans cette rubrique.
Il y a encore peu de temps j’étais moi-même candidate à l’emploi et, lors de cette phase remplie de ses craintes propres, Laurent a eu la gentillesse de me faire bénéficier de ses conseils pour décrocher mon premier job dans mon cœur de métier : les ressources humaines.
Comme Laurent vient de le dire, dans ce vaste domaine j’ai une spécialité : le recrutement par approche directe, dite « chasse de tête ».
Pour beaucoup d’entre nous des images diverses nous assaillent lorsque l’on entend parler de « chasseur de têtes ». Aussi, pour éviter toute équivoque, je confirme qu’un chasseur de têtes n’est ni un bushman contemporain, ni un « Bounty Killer » tout droit sorti d’un western, ni un guerrier mongol chevauchant dans les steppes en faisant tournoyer un sabre au dessus de sa tête ; quoi qu’il y ait un peu de tout cela dans cette pratique mystérieuse... Serial recruteur mais point serial killer, d’aucuns pourraient le qualifier de « mercenaire » et je ne les contredirais pas, trouvant l’image à mon goût.
Consciente de toute cette symbolique autour de cette pratique et désirant m’en montrer digne, je commençais mon premier jour de « chasseuse » avec le trac du nouvel embauché et, bien évidemment, les appréhensions du début dans un endroit où l’on est « le nouveau ».

2. Nouveau décor
Arrivée dans mon nouveau bureau je fus étonnée de ne pas découvrir un autel voué à la déesse Diane Chasseresse, trônant au milieu de gros contrats de recrutements aboutis, en guise de trophées de chasse.
Je ne remarquais pas non plus d’insignes de sociétés secrètes de chasseurs…A la place de cela m’attendaient, dans un élégant immeuble de style haussmannien, de beaux bureaux fonctionnels, avec plafond marbré et sol en parquet, équipés de tout l’éventail d’outils de travail indispensables à un « cabinet » digne de ce nom : ordinateurs, imprimantes, fax, photocopieuses, téléphones, scanners…et, surtout, une machine à café, « Nespresso » de surcroît…
Lors des tout premiers jours cela m’amusait de venir prendre une dosette de la couleur de mon choix et revivre en imagination cette pub, avec un George Clonney au sommet de son charme, mais que personne ne reconnaît.
3. Objectifs : 0 grosse gaffe
J’avais appris lors de mes cours de Master RH que l’intégration du nouveau collaborateur était une étape cruciale pour un recrutement réussi, c'est-à-dire durable. Lors de divers stages en entreprise, j’avais pu expérimenter par moi-même à quel point cela était important… Aussi je tentais d’appliquer ce que j’avais appris sur cette phase, pour réussir ma propre intégration.
Le terrain était favorable pour cela car, dans cette tanière de chasseurs de têtes médicales, je suis entourée de collègues sympathiques, disponibles, zen. Ces derniers ont en effet pris le temps de bien me montrer les fichiers à utiliser et m’expliquer plein d’éléments nouveaux pour moi. Ils n’attendaient pas non plus de moi que je sois opérationnelle immédiatement et m’ont encouragée à leur poser des questions si besoin. Pour une intégration réussie le nouvel embauché a également un rôle important à jouer. Ainsi, je me positionnais dés le départ comme une « prestatrice », considérant mes collègues comme clients internes, aussi importants, voire plus, que les candidats et clients. Ainsi, à chaque fois qu’un collègue m’accordait du temps et de l’énergie pour me former, je valorisais son expertise et lui montrait de la reconnaissance. Je pense qu’il est en effet important pour le nouvel embauché, de ne pas considérer ses collaborateurs comme des boîtes à infos, mais d’avoir bien conscience que cela coûte en temps et énergie. Dans ce même état d’esprit, lorsque j’ai une question à poser à un collègue, je ne lui pose pas la question derechef , j’attends d’abord que l’autre soit disponible et disposé à me répondre, puis je lui demande si je peux lui demander quelque chose, puis enfin je pose ma question. J’encourageais également mes collègues à m’exprimer leurs critiques sans ménagements, sans gants, pour éviter ainsi des non dits et m’aider à améliorer mon travail. J’avoue qu’un de mes collègues a pris cela au mot : il me fait ainsi part systématiquement de ses critiques, sans détours mais avec une intonation très posée, douce, et il termine toujours cela par un « ne le prends pas mal hein… » accompagné d’un sourire affable.
A suivre…
Au plaisir de lire vos réactions et commentaires.







Commentaires
Comme toujours ce blog m'épate. Cette nouvelle rubrique me ravit. Bienvenue à toi RH Junior, j'attends avec impatience tes prochains billets. Le "à suivre..." semble en effet plein de promesses (une bonne pression ne fait pas de mal...). Bonne continuation ; )
Merci beaucoup sébastien pour ton commentaire encourageant de mon premier billet.
J'ai bien pris en compte ton attente des prochains billets, merci!
Au plaisir de te relire
Un billet intéressant, plein d'humour (c'est vrai que ces images de chasseurs de têtes forment encore comme une aura mystèrieuse pour le quidam!).
Cela nous permet d'apprendre sur tous les tableaux: RH, mais aussi entreprise. Je lirai bien volontiers la suite.
Merci Véronique, je suis contente que mon billet ai pu vous distraire. La suite s'inspirant directement de la réalité, elle se construit au fur et à mesure que les évenements se passent...
A bientôt
Bonjour RH Junior
Très sympa votre billet.
Permettez-moi de vous donner mon avis sur votre "nouvelle" vie en entreprise: même si vos collègues vous paraissent charmants et que votre environnement ressemble à un lieu idéal, n'oubliez-pas que vous êtes dan une entreprise: vous ne connaîtrez vos "amis" qu'en cas de difficultés. Donc restez fermes avec vos collègues, en leur montrant que vous n'êtes pas à leur disposition lorsque vous avez besoin d'un renseignement.
Ceci dit, le fait que vous vous sentiez bien pour travailler est une très bonne chose, continuez à y propager votre bonne humeur....
Bonjour Eric,
Merci pour le compliment sur mon billet et pour votre avis. En outre vous n'imaginez pas à quel point votre commentaire tombe à point...Disons juste que garder ma "bonne humeur" commence à devenir un vrai challenge...Cependant en ce qui concerne la demande de renseignements, je pense quand même qu'il faut le faire tout en respectant l'espace de l'autre. En tout cas en ce qui me concerne quand je suis concentrée sur une tâche, je trouve cela inconfortable d'être interrompue par une question de but en blanc.
Au plaisir de vous lire
Bonjour RH Junior,
Merci pour votre billet. Je suis dans la même situation que vous actuellement. J'attends la suite avec impatience.
A bientôt.
Bonjour Emma,
Merci beaucoup pour votre commentaire encourageant. Puisque nous sommes dans la "même situation" il me semble intéressant d'échanger sur cela car j'aimerais bien avoir votre point de vue et votre ressenti sur cette activité.
Pour ce qui est de la suite, elle va arriver bientôt, et je m'excuse auprés de ceux qui se sentent un peu déçus par l'attente...Ce n'est pas l'envie d'écrire qui me manque mais la nature de mon poste fait que pendant tout le temps de travail il est trés difficile voire impossible de faire autre chose que produire et réaliser les taches pour lesquelles on est embauché...Et en dehors du travail, on a besoin de couper avec ce monde pour pouvoir recommencer une journée de travail le lendemain...
Voilà je n'en dis pas plus pour le moment...
A trés bientôt!
Bonjour,
Je suis tout à fait disposée à échanger nos points de vue. Il est vrai que les journées sont bien occupées et la pression est importante.
Avez-vous une adresse à me communiquer?
Bonne continuation.
Bonjour,
J'ai beaucoup aimé le ton et l'approche de votre billet..
Mais je me posais cette question : quelle peut être le genre de "grosse gaffe" que vous évoquez dans votre 3ème point ? Avez-vous des appréhensions bien précises sur la spécificité de votre emploi qui met en relation candidats et recruteurs ?
A bientôt..
Chère Emma,
Vous pouvez me contacter à l'adresse email suivante :rhjunior@voila.fr .Nous pouvons également, si vous le souhaitez, échanger dans l'espace même de cette rubrique.
Cher Nicolaï,
Je suis contente que mon billet vous ai plu. Pour répondre à vos questions, notamment, "quelle peut être le genre de "grosse gaffe" que vous évoquez dans votre 3ème point ?". Je tiens à préciser tout d'abord que le titre de mon 3éme point "objectifs: zéro grosse gaffe" est une pastiche du titre d'un ouvrage récent très connu en management et qui s'intitule
"objectifs: zéro sale con". Le but de "objectif zéro sale con" et "objectif zéro grosse gaffe" est le même: vivre dans un environnement de travail, sinon agréable, du moins vivable. La différence entre les deux objectifs consiste dans le positionnement: au lieu de me dire que pour arriver à une telle finalité je dois me débarrasser des " sales cons" (ce qui à mon sens relève de l’utopie…), je me dis plutôt que c'est avec moi même que je dois être exigeante en évitant les ou la grosse gaffe qui donnera prétexte au « sale con » de me harceler…
En fait ne pas faire de gaffes, surtout quand on est nouveau dans un job est presque impossible –du moins en ce qui me concerne-. Le tout c’est de ne pas faire LA grosse Gaffe, l’irréparable, et croyez-moi, des gaffes possibles à faire il y en a à profusion dans ce milieu, justement parce qu’il y a des enjeux humains, parce que dans tout ce qu’on dit et fait on engage l’image de l’entreprise, et parce que dans un cabinet de recrutement nous avons affaire à deux grands personnages à gérer avec délicatesse : le Candidat et le Client…
Je répondrais plus concrètement à vos questions judicieuses lors d’un prochain billet que j’intitulerais : « Les personnages principaux d’un cabinet de recrutement ».
A bientôt…
Rh Junior
rhjunior@voilà.fr
Bonjour RH Junior,
Merci pour votre adresse. En effet, il faut vraiment faire attention à ne pas commettre d'impair!! Je suis tout à fait d'accord quand aux deux personnes à gérer. Un candidat peut devenir un client et un client un candidat...
A bientôt!