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Recruteur et candidats

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Les aventures de RH Junior

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lundi 28 avril 2008

Les aventures de RH Junior

Cher lecteurs voici enfin la suite promise, en m’excusant du retard pris dans la production de ce deuxième épisode…

4. A travers le téléphone : premières micro stratégies d’auto motivation

fantomette-petit.GIF« Allô Docteur A. ? Bonjour, je suis Y., je travaille dans un cabinet de recrutement et je vous appelle pour vous proposer un poste dans votre spécialité.
(…)
Allô Docteur Z ? Je suis Y. du cabinet de recrutement B., êtes vous à l’écoute de nouvelles opportunités professionnelles ?
(…)
Bonjour, puis-je parler au Docteur C. ? De la part de Y. Il s’agit d’un sujet personnel, qui concerne le Dr C. en personne, c’est confidentiel.
(…)

Oui bonjour Docteur D., je suis Y. du cabinet de recrutement &, est- ce le bon moment pour parler avec vous maintenant ? (…) Je vous appelle pour faire le point avec vous, voir où vous en êtes au niveau professionnel et si l’on peut vous proposer des postes en lien avec vos desiderata.»

Ces phrases de première approche avec les candidats sont devenues un refrain que je débite quotidiennement à travers un téléphone, l’arme fatale n°1 du chasseur de têtes. Au tout début je ne me lassais pas de les répéter car une conviction profonde m’animait : j’offrais aux candidats une nouvelle opportunité, une nouvelle voie, un choix de carrière, la possibilité de changer de ville, changer d’environnement, changer de collègues et tout recommencer à zéro. Pendant les quelques minutes où j’avais le candidat au bout du fil je m’intéressais réellement à lui et, parfois, lorsqu’il s’agissait d’un candidat que nous avions déjà dans nos fichiers, on faisait un petit bilan ensemble avant de lui proposer un poste. Lorsque l’opportunité que je proposais au candidat pouvait coïncider avec ses desiderata, avec un objectif ou un projet de vie, cela me rendait heureuse. Dans le cas contraire, qui était le plus fréquent, lorsqu’un candidat me disait qu’il était déjà bien dans son poste, je l’en félicitait et me réjouissais pour lui. Si un candidat était intéressé pour changer de job mais n’était pas séduit par mon offre de poste, je l’interrogeais alors sur ses desiderata, je notais cela dans mon « tableau de chasse », je l’en remerciait pour m’en avoir fait part et lui assurait de le recontacter le jour où nous recevions une offre en adéquation avec ses souhaits. Tout cela peut avoir un côté un peu naïf et utopique mais c’est en ayant cet état d’esprit là que je pouvais, sans lassitude, passer plusieurs dizaines de coups de fil par jour et ne me pas me sentir dépitée ou frustrée ou démoralisée par plusieurs dizaines de « non, merci je ne suis pas intéressé. » En réalité mon attitude et ma perception de mon activité découlaient d’une stratégie qui me permettait de voir les choses en beau et pouvoir ainsi continuer mon boulot sans que cela me soit pénible. Cette stratégie consistait à transformer dans mon esprit le commercial en relationnel.

En outre, cela me semblait en lien avec ce que je croyais qu’on attendait de moi… Car lors de l’entretien d’embauche, on m’avait signifiée que la qualité principale d’un chargé de recherche est la capacité d’écoute. C’est pourquoi, bien que consciente de la part commerciale de la chasse, je pensais que le relationnel primait sur le commercial ou que je pouvais transformer le commercial en relationnel.

Or je me rendis rapidement compte que même si un commercial doit avoir des compétences relationnelles (« la tchatche ») l’équation relationnel- commercial est impossible. Aussi mes superviseurs m’ont rapidement fait comprendre que l’écoute avec un candidat n’avait qu’un seul but : détecter si celui-ci possède bien les minima requis pour le poste (diplôme+expérience) et si le job l’intéresse. Dans le cas contraire il faut couper court, poliment mais promptement, à la conversation.

metro.jpg

C’est ainsi que la représentation initiale que je me faisais de mon activité s’effondra et je dus inventer d’autres stratégies pour continuer à travailler sans morosité. C’est à peu prés à cette époque que je commençais à attendre avec impatience la fin de mes journées, les week-ends et rêver de vacances au soleil ainsi que de paysages paradisiaques pendant que je parcourais les souterrains de ma ville à l’entrée ou à la sortie d’un métro.

Au plaisir de lire vos réactions et commentaires…

mercredi 5 mars 2008

Les aventures de RH Junior

Chers lecteurs,

fantomette1.gifDepuis quelques temps, j’échange avec une RH Junior par mail et via RecruteuretCandidats… A 27 ans, RH Junior est diplômée d’un Master 2 en Management des Ressources Humaines et a depuis peu décroché un poste de Chargée de Recherche dans la santé pour une grande enseigne du recrutement. Suite à l’obtention de ce premier job, RecruteuretCandidats souhaite vous faire participer à cette nouvelle aventure et vous faire découvrir le monde du recrutement à travers le regard d’une RH Junior. Une nouvelle catégorie fait donc son apparition sur RecruteuretCandidat : « Les aventures de RH Junior», que j’espère vous aurez plaisir à lire régulièrement.

Bienvenue aux aventures de notre RH Junior et à son premier billet !

1. Reflets de chasseurs

Chers lecteurs,

Avant d’entrer dans le vif du sujet je tiens d’abord à remercier Laurent pour m’avoir donné la chance de m’exprimer dans cette rubrique.
Il y a encore peu de temps j’étais moi-même candidate à l’emploi et, lors de cette phase remplie de ses craintes propres, Laurent a eu la gentillesse de me faire bénéficier de ses conseils pour décrocher mon premier job dans mon cœur de métier : les ressources humaines.
Comme Laurent vient de le dire, dans ce vaste domaine j’ai une spécialité : le recrutement par approche directe, dite « chasse de tête ».
Pour beaucoup d’entre nous des images diverses nous assaillent lorsque l’on entend parler de « chasseur de têtes ». Aussi, pour éviter toute équivoque, je confirme qu’un chasseur de têtes n’est ni un bushman contemporain, ni un « Bounty Killer » tout droit sorti d’un western, ni un guerrier mongol chevauchant dans les steppes en faisant tournoyer un sabre au dessus de sa tête ; quoi qu’il y ait un peu de tout cela dans cette pratique mystérieuse... Serial recruteur mais point serial killer, d’aucuns pourraient le qualifier de « mercenaire » et je ne les contredirais pas, trouvant l’image à mon goût.
Consciente de toute cette symbolique autour de cette pratique et désirant m’en montrer digne, je commençais mon premier jour de « chasseuse » avec le trac du nouvel embauché et, bien évidemment, les appréhensions du début dans un endroit où l’on est « le nouveau ».

HeadHunter_2.jpg

2. Nouveau décor

Arrivée dans mon nouveau bureau je fus étonnée de ne pas découvrir un autel voué à la déesse Diane Chasseresse, trônant au milieu de gros contrats de recrutements aboutis, en guise de trophées de chasse. Je ne remarquais pas non plus d’insignes de sociétés secrètes de chasseurs…A la place de cela m’attendaient, dans un élégant immeuble de style haussmannien, de beaux bureaux fonctionnels, avec plafond marbré et sol en parquet, équipés de tout l’éventail d’outils de travail indispensables à un « cabinet » digne de ce nom : ordinateurs, imprimantes, fax, photocopieuses, téléphones, scanners…et, surtout, une machine à café, « Nespresso » de surcroît…
Lors des tout premiers jours cela m’amusait de venir prendre une dosette de la couleur de mon choix et revivre en imagination cette pub, avec un George Clonney au sommet de son charme, mais que personne ne reconnaît.

3. Objectifs : 0 grosse gaffe

J’avais appris lors de mes cours de Master RH que l’intégration du nouveau collaborateur était une étape cruciale pour un recrutement réussi, c'est-à-dire durable. Lors de divers stages en entreprise, j’avais pu expérimenter par moi-même à quel point cela était important… Aussi je tentais d’appliquer ce que j’avais appris sur cette phase, pour réussir ma propre intégration.
Le terrain était favorable pour cela car, dans cette tanière de chasseurs de têtes médicales, je suis entourée de collègues sympathiques, disponibles, zen. Ces derniers ont en effet pris le temps de bien me montrer les fichiers à utiliser et m’expliquer plein d’éléments nouveaux pour moi. Ils n’attendaient pas non plus de moi que je sois opérationnelle immédiatement et m’ont encouragée à leur poser des questions si besoin. Pour une intégration réussie le nouvel embauché a également un rôle important à jouer. Ainsi, je me positionnais dés le départ comme une « prestatrice », considérant mes collègues comme clients internes, aussi importants, voire plus, que les candidats et clients. Ainsi, à chaque fois qu’un collègue m’accordait du temps et de l’énergie pour me former, je valorisais son expertise et lui montrait de la reconnaissance. Je pense qu’il est en effet important pour le nouvel embauché, de ne pas considérer ses collaborateurs comme des boîtes à infos, mais d’avoir bien conscience que cela coûte en temps et énergie. Dans ce même état d’esprit, lorsque j’ai une question à poser à un collègue, je ne lui pose pas la question derechef , j’attends d’abord que l’autre soit disponible et disposé à me répondre, puis je lui demande si je peux lui demander quelque chose, puis enfin je pose ma question. J’encourageais également mes collègues à m’exprimer leurs critiques sans ménagements, sans gants, pour éviter ainsi des non dits et m’aider à améliorer mon travail. J’avoue qu’un de mes collègues a pris cela au mot : il me fait ainsi part systématiquement de ses critiques, sans détours mais avec une intonation très posée, douce, et il termine toujours cela par un « ne le prends pas mal hein… » accompagné d’un sourire affable.
A suivre…

Au plaisir de lire vos réactions et commentaires.